Les paillettes et petits grains millimétriques d’or (densité=16) sont transportés par le courant avec des minéraux lourds (oxydes de fers et grenats, zircons…) et des gros galets et se déposent au mêmes endroits, dans les plages, la plupart submergées, du Bas-Salat. Prospecter de manière indirecte dans les gros galets, sous l’eau, en recherchant ces minéraux lourds peut permettre de trouver l’or facilement.
« On(*1) voyage en famille dans la rivière avec ma bande(*2) et on se cache tous sous l’eau, au même endroit !!! »
Grains
1 carré= 1 mm. Le gros grain du haut avec du quartz= 42 mg.
grosse oligiste, oxyde de fer, longueur 8 cm
Se trouve avec les grosses paillettes et petits grains
boulder (gros bloc) dimension > 40 cm, poids > 40kg
(petite oligiste 4 cm) « Le courant m’a déposée plus loin car je suis petite, mais je ne suis pas loin de la famille et de sa bande.
Quand on me trouve, il suffit de tirer le fil pour trouver la famille. »
Or de rivière. 21,5 carat (21,5 /24) ou 900/1000.
densité 16 (contient de l’argent et un peu de cuivre)
Oligiste, rouge aussi appelée hématite. Oxyde de fer non magnétique (dommage ) densité 5,3. Les blocs d’oligiste > 3 cm indique de l’or pas loin
« Boulder« , gros bloc > 30kg jusqu’à 80 kg, densité 2,5 . à déplacer pour trouver la famille.
L’orpaillage est la recherche artisanale de l’or en rivière.
Situation : L’or se trouve dans des plages de graviers, situées dans les rivières, appelées placers. Dans ces placers, l’or natif (métallique) se trouve sous forme de particules plus ou moins grosses (paillettes millimétriques ou pépites) mélangées au sable et aux graviers. à noter que l’or étant un matériau concessible , toute exploitation d’or (conséquente), en galerie, carriére ou plage est considérée comme une mine d’or. 🙂 Origine: L’or des rivières provient de la désagrégation d’anciens filons des montagnes (plomb, fer, cuivre, tungsténe) présents dans presque toutes les vallées, dans lequel il se trouvait à l’état de traces. Aucune mine d’or n’est connue à ce jour, quoique de nombreuses légendes circulent. Toutes les rivières de l’Ariège sont ainsi plus ou moins aurifères. érosion des Pyrénées: Les Pyrénées ont été érodés de plusieurs kilomètres. La plupart des débris rocheux (alluvions) ont été transportés par les glaciers et riviéres et se sont déposés après Saint-Girons en formant une plaine ancienne plus haute de 200 m que la plaine actuelle. Ils en subsistent des lambeaux comme vers Lasserre, ou on peut y retrouver des rochers énormes de l’ancien lit du Salat L’érosion ultérieure de cette plaine a formé les placers actuels dans la plaine actuelle en aval de Saint-Girons en concentrant l’or. Il ne reste que peu d’or dans les ruisseaux de montagne (Lez, Bouigane, haut-Salat, Arac, …) , mais dont ont peut retrouver des traces sous forme de minuscules grains. (preuve du passage d’or 🙂 ) Prospection, analyse : Pour prospecter une rivière et connaître la teneur en or d’une plage de graviers, on utilise une bâtée ou un pan. C’est une cuvette qui permet de séparer les paillettes d’or du sable. Elle sert à analyser la teneur en or du gravier par gravité.
On secoue et on tourne et tous les minéraux lourds de densité supérieure à 3,5 kg par litre restent au fond de la bâtée.
Pour des exploitations plus importantes ou utilise des rampes de lavage (canaux en bois ou métal) ou même des boites à concentration. Historique :Des Gaulois jusque vers 1815, la recherche de l’or était active en Ariège. La quantité d’or extraite annuellement de l’Ariège et aussi Garonne était estimée à 300kg.
Ruée vers l’or moderne: La recherche de l’or a repris depuis une quarantaine d’années, suite au livre de Jean-Claude Lefaucheur et chaque été, quelques dizaines de personnes viennent prospecter les rivières ariégeoises. Pour l’instant seul la rivière Salat est autorisée par la préfecture de l’Ariège, à laquelle il faut se déclarer et demander une autorisation. La production est évidement moindre qu’aux siècles antérieurs :-). On estime la production à 1 à plusieurs décigrammes à l’heure. Promotion touristique: dans les années 1982, la CCI de l’Ariège à organisé des stages d’orpaillage pour la promotion du département.
par le Collectif de Défense de l’Environnement de Caumont, Ariège, samedi 15 mars 2025.
Malgré un temps incertain, pluie, neige, on s’est retrouvé à une petite dizaine : chasseurs , pêcheurs et le Syndicat des rivières Volp-Salat, ainsi que des chercheurs d’or pour nettoyer les berges de la plage du gravier à Caumont.
Les berges servant de décharge sauvage depuis quelques années et polluées par des détritus divers, principalement de chantiers de professionnels.
On a retiré 2 remorques de gravats de plus d’une tonne, et 1,5 m3 de déchets divers, plastiques, ferrailles,…. emmenés à la déchetterie de Mercenac.
L’opération a duré la matinée (3 heures) et s’est terminée, bien au chaud, par un repas offert par l’Association de Chasse de Caumont, dans leur local. (ACCA de Caumont)
On a nettoyé environ le tiers des déchets et on a réalisé un débroussaillage d’un secteur permettant, comme avant, l’accès à des camping cars et autres personnes voulant faire des piques-niques en été.
À terme, l’opération de nettoyage va être renouvelée plusieurs fois les mois d’été permettant l’accès du public au bord de la rivière. Le secteur va être ensuite équipé de tables et bancs en bois.
Nettoyage du Salat à Caumont (plage du gravier)
le samedi 15 mars.
Le collectif de Défense de l’Environnement de Caumont regroupant des usagers de la nature ( chasseurs, pêcheurs randonneurs et aussi chercheurs d’or), organise une journée de nettoyage des berges du Salat le samedi 15 mars En relation avec la mairie de Caumont et le Smectom, les ACCA locales (Caumont, Lacave, Lorp et Prat) et l’AAPMA de St Girons
A l’issue de la journée un apéro sera offert aux participants.
Venez avec vos bottes et gants.
Le matériel sera fourni par le collectif.
Rendez vous le samedi 15 mars à 08h30 à Caumont devant la Mairie .
Contact et inscription au 06 1918 0021
Email didierrouaix@sfr.fr
Description Accueil 8h30 , petit déjeuner, chantier de ramassage (~4 km- niveau intermédiaire), petit déjeuner, apéritif, déjeuner , avec le soutien de l’association des chercheurs d’or et de l’AAPPMA Accès enfants Oui
Certains reprochent aux orpailleurs amateurs ariégeois un impact négatif sur l’environnement.
Voici les points litigieux :
Frayères : Les orpailleurs ne prospectent pas dans les frayères, trous d’eau à courant calme et alluvions fines, car l’or s’arrête en aval des ralentissements du courant rapide (chutes, rapides, méandres) loin en amont.
Boues: Il parait que la boue faite lors des creusements tue les alevins, mais l’orpailleur en creusant ne fait que déplacer la boue apportée par la crue. Lors des grosses crues et des orages, les rivières sont surchargées de boues. Je ne pense pas que cela ait un impact sur la faune piscicole. De plus, le creusement des plages, toujours submergées, les plus riches, en aval des rapides ou chutes, ne génère que très peu de boue.
Trous : La plupart des orpailleurs rebouchent leurs trous, la plupart, mais des critiques diverses subsistent, le déplacement des galets détruirait la microfaune aquatique et fragiliserait la végétation des plages qui seraient plus impactées par les crues.
Le Salat étant une rivière sauvage et en grande partie non canalisée, les crues chamboulent tout et déplacent le cours, en éboulant les berges. Les trous creusés dans ces plages d’atterrissement sont dans des zones assez chamboulées et se rebouchent aux crues suivantes. Ils n’ont aucun impact sur le cours de la rivière.
J’ai vu un boulder (rocher de plus d’un mètre de diamètre), déplacé de plusieurs centaines de mètres lors d’une crue.
Sur l’ancienne sablière de Caumont, le bâtiment d’accrochage du câble de la dragline (câble avec benne traînante) en béton armé de 3m sur 3 , a été complètement disloqué et plié lors d’une crue et déplacé à 100 m de distance.
À noter que certaines années le courant est très fort et décape les plages, d’autres années, il est calme, il dépose du limon sur les plages, la végétation pousse et un début de foret peut se développer rendant l’accès très difficile. Lors d’une crue suivante, plus forte, la plage est nettoyée et tout disparaît. Avec une énergie des centaines de fois plus importante que les grattages d’orpailleurs. Lors de la dernière crue du Salat en janvier 2022, 4 m de berge se sont effondrée à la plage du gravier. Le syndicat des rivières Volp Salat, fait régulièrement des creusements pour élargir le cours et canaliser les crues.
Pillage des richesses, Eldorado : Sur les plages de surface, la teneur dans les coins riches s’élèvent à 0,5 g/M3. Un orpailleur peut laver avec une rampe et un seau 200 l à l’heure, ce qui lui fera 0,1 g d’or soit la somme »énorme » de 3 euros.
D’autant plus que l’investissement en matériel, pan, pelle, rampe peut se monter à 200 euros.
Ruée ( mars 2022) : La saison 2021 a été calme. Pas plus de 40 orpailleurs sur le Salat en Ariège. une dizaine en Haute-Garonne.
Un écologiste ariégeois autoproclamé, m’a dit à l’époque, que surveillant les orpailleurs de l’autre côté de la route (?), en face des failles archi-connues de Mercenac, en avoir compté 30. Chiffre que je n’ai jamais vu. Bilan été 2024. la saison a été presque nulle, à peine 3 semaines de basses eaux pour prospecter dans le Salat. La plage du gravier à Caumont est devenue impraticable à cause de l’agrandissement de la décharge sauvage qui date de presque 3 ans.
Mercure: Le mercure est utilisé dans les chantiers d’orpaillage non contrôlés en Amérique du Sud.
Les orpailleurs aspirent dans les grandes rivières la boue du fond ou l’or est très fin.
Ils mettent du mercure sur les tasseaux de leurs rampes de lavage pour piéger cet or très fin qui sinon ne serait pas arrêté et qui est aspiré et se « dissous » dans le mercure pour former un amalgame. Ils distillent ensuite cet amalgame, dans une poêle à l’air libre, pour récupérer l’or. Le mercure gazeux se répand dans la nature et empoisonne la végétation et par là la faune. Les orpailleurs sont d’ailleurs les premiers intoxiqués. Ils distilleraient le mercure dans une cornue en fer, ils récupéreraient le mercure qui est cher et ils ne pollueraient pas la nature. Question de technique.
En France, éthiquement on n’utilise pas de mercure toxique et techniquement comme l’or est gros il n’y en a pas besoin. D’autant plus que le mercure s’il était utilisé, amalgame les paillettes d’or aplaties en une boule d’or minuscule.
À noter qu’on retrouve des fois du mercure sur les paillettes, ce qui les dégrade ! . Ça peut être dû à des filons naturel de mercure comme dans les Pyrénées ou à certains additifs agricoles utilisés dans le temps.
Pollutions (décharges sauvages, eaux usées): Les orpailleurs sont par contre confrontés à la pollution. Dans les coins où la route longe la rivière, il est très courant de voir des déversements d’ordures : gravats de chantiers, débris métalliques divers qui se retrouvant sur les plages et dans l’eau risquent de blesser les orpailleurs et même des animaux morts occasionnant un risque bactériologique. Beaucoup de villages des hautes vallées n’ont pas de stations d’épuration. Et, beaucoup de constructions de ces vallées, plus ou moins déclarées, n’ont pas de fosses septiques, uniquement un rejet simplifié des eaux usées dans la terre. Le Salat étant classé comme ayant un taux dangereux de pollution bactériologique.
Les gels hydroalcooliques sont conseillés de tout temps même hors période d’épidémie !
à lire historique de l’orpaillage aux siècles derniers en Ariège.
Depuis plus de quarante ans, l’orpaillage, c’est-à-dire la recherche artisanale de l’or en rivière, connaît un regain d’intérêt en France.
Ce renouveau est dû à Jean-Claude Lefaucheur grâce à son livre » Chercheur d’or en France » paru en 1976, qui a relancé l’activité.
Jean-ClaudeLefaucheur orpaillait à Caumont en Ariège et avait constaté que la sablière à proximité extrayait beaucoup de sable et il s’est demandé s’il pouvait y mettre un système de récupération des paillettes d’or. Finalement, après plusieurs essais, il a opté, pour mettre des moquettes sur le canal de lavage du sable. Il est ensuite parti dans le Gard, faire la même chose sur d’autres sablières et a été largement imité. Il faut dire qu’il donnait tous les secrets dans son livre. C’est le premier qui a eu l’idée de mettre les paillettes d’or dans des petits pendentifs en verre.
N’oublions pas Henri Tabarant, qui avait conseillé JC LeFaucheur, et qui avait édité un fascicule. « Au Pays des Hommes et du Fer« .
Une des associées de JC leFaucheur, Cathou Massat a continuée à faire des stages.
à la suite du livre, en été 1981, il y a eu un petit engouement pour l’orpaillage en Ariège, un nouveau gold rush éphémère. C’est par dizaine que les apprentis orpailleurs venaient en Ariège chercher fortune, sans grand succès.
Surfant sur cet engouement, la CCI de l’Ariège dans les années 1982 a organisé des sessions de stages d’orpaillage touristique.
Notre association (Ariégeoise) l’Association de minéralogie du Couserans puis Oriège, créée en 1982, a aussi fait connaitre l’activité par l’organisation d’animations, de journées, de stages d’initiation à l’orpaillage ( 6 ans) et d’articles dans la presse spécialisée entre autres Pour la Science 1986.
Vers la même époque (1986), l’orpaillage-loisirs devenant à la mode et à l’instar d’autres pays, sont apparus en France les championnats d’orpaillage , organisés par la FFOR.
Ce loisirs s’est ensuite répandu en France, dans les autres régions contenant des rivières aurifères. Principalement le Gard ou il y avait à l’époque de construction des stations balnéaires (Grande Motte) 96 sablières qui extraient du sable. Par leurs creusements, elles ont mis à jour beaucoup de zones aurifères enfouies. La plupart des sablières avaient des moquettes installées par des orpailleurs pour récolter l’or du sable extrait.
Il y a eu en Ariège quelques chercheurs d’or professionnels utilisant des « dragues suceuses ». Petites dragues hydrauliques marchant avec une motopompe et aspirant le gravier. Ils faisaient aussi des stages en complément. Un des derniers : autorisé le 22 mai 2017 puis abrogé, 8 mois après, le 22 janvier 2018.
En Ariège, ça s’était calmé et un engouement s’est à nouveau enclenché depuis quelques années. Une nouvelle « ruée vers l’or », comme en 1981. Suite à quelques « incidents » entre orpailleurs, la préfecture de l’Ariège, a mis en place des autorisations nominatives avec des règles spécifiques (zone, matériel). Malgré qu’il y ait un peu plus d’une centaine de demandes d’autorisations, la ruée n’a pas eu lieu et à peine une à deux dizaines de personnes se retrouvent, en même temps, à orpailler pendant les vacances et les weekends. Les orpailleurs vont généralement dans les endroits connus depuis la relance de 1981. Des failles et des plages à teneur moyenne.
Ruée vers l’or, foule, comme on la vu écrit dans certains articles. Il y a 30 à 50 prospecteurs au grand maximum qui viennent tout l’été, on est loin d’une ruée, c’est un loisir marginal. Compte-rendu 2021 et perspectives 2022.
Il y a eu, de tout temps, deux catégories, deux styles, de chercheurs d’or. Les médiatiques, qui vendaient des livres, du matériel, des pendentifs, des stages et qui avaient besoin des médias pour leurs promotions. Et les autres plus discrets. Les placeurs de moquettes sur les sablières étant évidemment dans la deuxième catégorie.
La cueillette de la poudre d’or dans les Pyrénées est connue de temps immémoriaux. Diodore de Sicile (60 ans av JC) parle d’une tribu gauloise, les Tectosages, qui extrayaient de l’or en Gaule Méridionale. L’exploitation s’est poursuivie après l’arrivée des Romains, qui exploitaient les alluvions ainsi que les mines. D’après Pline les romains employaient jusqu’à 20.000 esclaves par district minier. Ce qui explique les traces de travaux titanesques observés dans de nombreuses mines. On a aussi trouvé des pièces et des lampes de mineurs romaines à Sem (Vicdessos) ainsi que des monnaies de Tibère et de Néron dans la région d’Aulus.
L’exploitation s’est poursuivie durant le Moyen-age. Philippe le Bel concède au comte de Foix, vers 1300, les mines de ses domaines. On trouve dans les annales de Pamiers que l’autorisation de chercher de l’or est revendiquée en 1477 par les habitants de Pamiers contre le procureur des coseigneurs qui la contestait. Il fut décidé que l’on autoriserait les autochtones mais que l’on défendrait à tout étranger de chercher de l’or sous peines de 60 sols d’amende. Le privilège de chercher de l’or fut finalement confisqué par l’État. Une ordonnance de 1750 attache ce droit à l’Hôtel des monnaies de Toulouse qui accordait ce privilège au nom du Roi à la seule condition d’observer les règlements et de lui vendre exclusivement la récolte. Il fut institué un régime de permis et de patentes, qui donnait à l’orpailleur la faculté de choisir ses placers et de les exploiter sans l’agrément des propriétaires, à condition de remettre le terrain dans son état primitif.
Production
D’après Pailhés (1761) qui avait obtenu un bureau d’achat à Pamiers, où il achetait toute la production des orpailleurs de l’Ariège, pour l’envoyer à l’hôtel des monnaies de Toulouse, les orpailleurs lui apportaient annuellement de 1750 à 1761 80 marcs d’or (20 kg). Un marc faisait 8 onces ce qui équivalait à 245 g. La monnaie de Toulouse recevait à la même époque 200 marcs d’or par an. Ce qui faisait 50 kg dont 30 kg pour la Garonne et le Salat, le reste provenant du bureau de Pamiers. D’après le baron de Dietrich (1786) les orpailleurs gagnaient de 20 à 30 sols par jour en temps ordinaire et 6 livres après les fortes crues pour 10 heures de travail par jour, ce qui au prix de l’once d’or (31, 25 g) payée officiellement 80 livres, correspondait de O,6 à 2,5 grammes d’or.
Pailhés dit qu’on lui a apporté des pépites pesant jusqu’à une demi-once (environ 16 grammes) que l’on trouvait dans les ruisseaux drainant les terrasses aurifères de l’Ariège, situées de Crampagna à Saverdun. Réaumur (1718) dit que l’or fait vivre pendant quelques mois les paysans autour de St-Girons sur le Salat. Gua de Malvés (1764) dit que dans les sources Pyrénéennes 400 à 500 paysans y gagnent leurs journées après les moissons. Pouech (1888) dit que les orpailleurs de l’Ariège étaient 50 et qu’ils gagnaient 3400 francs par an et par personnes. Cela semble beaucoup. Lahondés (1883) dit que les orpailleurs se recrutaient parmi les gens dénués de ressources ou sans aveu et qui avaient du mal à fournir par jour un poids de paillettes suffisant pour rendre leur travail rémunérateur.
Cette industrie subsista avec des alternatives diverses jusqu’à la loi de 1810 qui a réformé le code minier. Les anciennes patentes attribuées par l’État n’ayant plus de valeur, les propriétaires riverains chassèrent les orpailleurs des placers. Ces derniers furent obligés de re exploiter des placers épuisés, et même comme nous dit François, à remonter les rivières comme la rivière Siguer pour chercher de l’or. Les teneurs étant plus faibles, l’activité ne fut plus suffisamment rémunératrice. François nous dit qu’ils gagnaient 1,5 francs par jour pour 1O heures de travail.
C’est ce que gagnaient les ouvriers les plus défavorisés. Aussi vers 1812-1815 l’orpaillage disparu de partout et il n’en subsista plus que quelques souvenirs. Seules ici et là quelques petites ruées éphémères relançaient l’activité comme vers l’année 1860, ou de nombreuses personnes reprirent les recherches sans succès.
En 1848, on découvrit de l’or à Coloma en Californie, ce qui créa le mythe de la ruée vers l’or. Les orpailleurs moyens trouvaient 30 grammes par jour et certain jusqu’à 300 grammes, ce qui leur faisait 200 fois le salaire journalier d’un ouvrier. Sans parler des pépites trouvées dont certaines pesaient plusieurs dizaines de kilos. La Californie et les régions limitrophes, Nevada et Colorado ont produit en moins de 50 ans 2000 tonnes d’or. On est loin des 50 kilos annuels de L’Ariège.
Les endroits orpaillés en Ariège étaient: le cours de l’Ariège de Crampagna à Saverdun et le Salat de Prat à Roquefort, là ou le cours de ces rivières se ralentit en arrivant dans la plaine et crée d’importantes zones de dépôts de matériaux arrachés aux montagnes. Les pépites se trouvaient principalement dans les affluents drainant les terrasses de l’Ariège. Les orpailleurs exploitaient les plages d’ anses calmes ou les plages intérieures des méandres convexes, situées à peu de distance et en aval des sections les plus profondes. Ils creusaient jusqu’à 60 cm de profondeur mais le plus souvent ils ne creusaient qu’à 20 cm. Après avoir écarté les gros galets, ils remplissaient, avec une pelle à rebord nommée « Andufa« , une sébile en bois, de forme conique et de 55 cm de diamètre pour 9,5 cm de profondeur appelée « Gressane« , avec du gravier aurifère.
Ils allaient ensuite laver cette sébile dans l’eau. Par un mouvement de rotation approprié, en plongeant cette sébile sous l’eau, ils arrivaient à rejeter tout le sable stérile dans l’eau et à ne garder que les paillettes d’or. Ils les conservaient dans une petite écuelle de bois appelée « Feudelle« .
La rampe des anciens orpailleurs de l’Ariège. Pour traiter de plus grande quantité de sable, ils se servaient d’une planche à laver d’1,7 m de long sur 60 cm de large, ayant de chaque côté un rebord de 4 cm. Cette planche était partagée en deux parties. On clouait avec un tasseau de 2 cm de hauteur, à 50 cm du bord supérieur de la planche, une toile rugueuse de 1,2 mètres de long, recouverte en partie d’une toile de laine de 20 cm de longueur.
Les orpailleurs inclinaient cette planche à 30 % et la chargeaient à la partie supérieure avec la pelle, avec du gravier aurifère. En y versant dessus de l’eau avec la Gressane, les sables s’écoulaient sur la toile et étaient éliminés à la partie inférieure, tandis que les paillettes et les pépites s’accrochaient aux poils de la laine et de la toile. Ils ne restait plus qu’en fin de journée à secouer la toile et à la laver à la Gressane pour récupérer l’or. Production ->
et deux autres assos, une de Toulouse et l’autre locale Anper-tos
avec des bénévoles dont des orpailleurs 🙂
à noter que les orpailleurs nettoient d’eux-mêmes les petites pollutions (plastiques, ferrailles, bouteilles …) sur les coins ou ils orpaillent. Mais des fois, comme à Caumont, lieu-dit « les graviers » (ancienne sablière), c’est impossible.