Formation des placers


Les alluvions anciennes qui contiennent des traces d’or,(talus , bancs de plage ou sous l’eau) sont attaques et érodées par les afflux d’eau pendant les crues et sont mises en mouvement dans les cours d’eau.

Le dépôt des matériaux solides se produit par réduction de la vitesse de l’eau qui n’étant plus assez forte abandonne les matériaux qu’elle transportait sous forme de bancs de galets, graviers et sable qui constituent des plages.
L’or de tout le banc en mouvement se dépose en premier dans le placer alors que le sable continue. Ce qui produit un enrichissement en or. La teneur dépend de la quantité d’or mise en mouvement et du degré de ralentissement. De cette manière , il se produit des placers par réduction de la vitesse critique de l’eau qui fait déposer du sable enrichi en or.

Quand la vitesse de l’eau diminue, l’or en déplacement arrête et se dépose. Il ne se dépose pas uniformément le long des bancs de graviers. Du fait de sa forte densité 16 a 19,suivant sa teneur en argent, il se dépose en premier avec les galets les plus gros en tête des plages avec d’autres minéraux de densité supérieure au sable qu’on appelle les minéraux lourds. Ils sont de bon indicateurs de placers. Ce sont l’ilménite, l’oligiste, la magnétite, les grenats, etc.;.

Un banc de sable fin ne contiendra jamais d’or.

L’or se dépose en tête des plages avec les galets sur une épaisseur de quelques dizaines de centimètres. Il se dépose en surface. Du fait de sa densité et du mouvement continuel des galets même hors-immersion, il a tendance a descendre vers le fond rocheux (bed-rock) à moins qu’un matériaux n’empêche sa descente, comme l’argile qui forme de faux bed-rock dans certain endroits

 

La réduction de vitesse, génératrice de placer, peut-être générale ou locale. Les causes sont :

-l’arrivée dans la vallée
-l’aval de rétrécissement et de gorges
l’aval de rapides ou de chutes,
-les méandres brusques, (souvent dans ce cas il y a une petite chute)
-les anses calmes,
-l’amont de chenaux de crues, canaux.
-l’aval de confluent,
-l’aval de blocs ou d’obstacles latéraux, très petits placers
-les îles proches de la rive. tête ou queue.L’or descend très lentement vers le fond ,moins de un mètre par an. Si les alluvions de la plage ne sont pas remaniées, par une grosse crue qui lessive le fond peu profond, l’or produit ainsi des concentrations au bed-rock. L’or de la surface descend et ainsi de suite. Si le retrait de l’eau est rapide, l’or repart avec l’eau.

Les marmites.

Les marmites improprement appelés comme cela ,sont des failles dans le fond rocheux susceptibles de retenir l’or.
Improprement , car les vrais marmites sont rondes, souvent dans du calcaire et creusés par le tournoiement des galets, qui lessivent le tout. Ce sont plutôt des failles et anfractuosités rocheuses perpendiculaires au sens du courant.
Pour que l’or s’arrête et reste, il faut qu’il tombe et qu’il ne reparte pas. C’est ainsi que les anfractuosités rocheuses peu profondes ou émoussés comme le calcaire qui se délitent  facilement ont peu de chance d’avoir retenues de l’or.
Il faut qu’elles aient une certaine profondeur. Souvent les « marmites » affleurantes dans les Cévennes ou l’Ariège sont le rocher du bed-rock mis à nus par le creusement d’anciennes sablières. Ces « marmites » peuvent avoir retenues beaucoup d’or, mais il faut se méfier des crues décennales qui lessivent le tout. Les bonnes marmites affleurantes sont profondes avec des galets coincés. Celles protégés par quelques décimètres d’alluvions sont aussi intéressantes, car l’or n’a pas pu être lavé, ou aussi celles se trouvant sous de gros boulders. Les vrais marmites concentrent l’or et le retiennent . L’or s’y arrête. La crue ne la lessive pas et apporte à nouveau de l’or qui s’y trouve piégé. C’est une sorte  de sluice naturel.