Orpaillage et environnement

Impact de l’orpaillage sur l’environnement

Certains reprochent aux orpailleurs amateurs français un impact négatif sur l’environnement.
Voici les points litigieux :

Frayères : l’or s’arrête en aval des ralentissements du courant (chutes, rapides, méandres).  Dans ces coins, il n’y a pas de frayères, elles seraient balayées par le courant trop fort.

Boues: Il parait que la boue faite lors des creusements tue les alevins, mais l’orpailleur en creusant ne fait que déplacer la boue apportée par la crue. Lors des grosses crues et des orages, les rivières sont surchargées de boues. Je ne pense pas que cela ait un impact sur la faune piscicole.

Trous : Le fléau des plages orpaillées, par certains et pour certains, qui ressemblent à un terrain bombardé.  La plupart des orpailleurs rebouchent leurs trous, la plupart, mais les critiques subsistent, le déplacement des galets détruirait la microfaune aquatique et fragiliserait la végétation des plages qui seraient plus impactées par les crues. La plage incriminée est située à Mercenac. j’y passe régulièrement, et quoiqu’on dise, j’y vois toujours des trous non rebouchés, mais en petit nombre. Sans parler des extractions de graviers dans le Salat.
Le Salat étant une rivière sauvage et en grande partie non canalisée, les crues chamboulent tout et déplacent le cours, en éboulant les berges. Les trous creusés dans ces plages d’atterrissement sont dans des zones assez chamboulées et se rebouchent aux crues suivantes. Ils n’ont aucun impact sur le cours de la rivière.
J’ai vu un boulder (rocher de plus d’un mètre de diamètre, déplacé de plusieurs centaines de mètres lors d’une crue.
Sur l’ancienne sablière de Caumont, le bâtiment d’accrochage du câble de la dragline (câble avec benne trainante) en béton armé de 3m sur 3 , a été complétement disloqué et plié lors d’une crue et déplacé à 100 m de distance.
À noter que certaines années le courant est très fort et décape les plages, d’autres années il est calme, il dépose du limon sur les plages, la végétation pousse et un début de foret peut se développer rendant l’accès très difficile. Lors d’une crue suivante plus forte la plage est nettoyée et tout disparaît. Avec une énergie des centaines de fois plus importante que les grattages d’orpailleurs.

Avidité & pillage des richesses : Sur les plages, la teneur dans les coins riches s’élèvent à 0,5 g/M3. Un orpailleur peut laver avec une rampe et un seau 200 l à l’heure, ce qui lui fera 0,1 g d’or soit la somme »énorme » de 3 euros.
J’ai du mal à comprendre les motivations de certains orpailleurs. D’autant plus que l’investissement en matériel, pan, pelle, rampe peut se monter à 200 euros.
Il faudrait plus communiquer sur ces aspects non pécuniaires. On ne fera jamais fortune en cherchant de l’or. Il faut arrêter les rêveurs.

Ruée : Une campagne dans les médias (journaux et télés), depuis 2-3 ans,  fait état de ruée vers l’or et d’abus. Passant régulièrement sur les secteurs du Bas-Salat, il y en a 5 principaux, je n’ai pas vu plus de 10 orpailleurs à la fois.
Un écologiste, célèbre en Ariège (CEA), m’a dit, que surveillant les orpailleurs de l’autre côté de la route (?), en face des failles archi-connues de Mercenac,  en avoir compté 30. Chiffre que je n’ai jamais vu.

Mercure: Le mercure est utilisé dans les chantiers d’orpaillage non contrôlés en Amérique du Sud.
Les orpailleurs aspirent dans les grandes rivières la boue du fond ou l’or est très fin.
Ils mettent du mercure sur les tasseaux de leurs rampes de lavage pour piéger cet or très fin qui sinon ne serait pas arrêté et qui est aspiré et se « dissous » dans le mercure pour former un amalgame. Ils distillent ensuite cet amalgame, dans une poêle à l’air libre,  pour récupérer l’or. Le mercure gazeux se répand dans la nature et empoisonne la végétation et par là la faune. Les orpailleurs sont d’ailleurs les premiers intoxiqués. Ils distilleraient le mercure dans une cornue en fer, ils récupéreraient le mercure qui est cher et ils ne pollueraient pas la nature. Question de technique.
En France, éthiquement on n’utilise pas de mercure toxique et techniquement comme l’or est gros il n’y en a pas besoin. D’autant plus que le mercure s’il était utilisé, amalgame les paillettes d’or aplaties en une boule d’or minuscule.
À noter qu’on retrouve des fois du mercure sur les paillettes, ce qui les dégrade ! . Ça peut être dû à des filons naturel de mercure comme dans les Pyrénées ou à certains additifs agricoles utilisés dans le temps.

Pollutions: Les orpailleurs sont par contre confrontés à la pollution. Dans les coins ou la route longe la rivière, il est très courant de voir des déversements d’ordures : gravats de chantiers, débris métalliques divers qui se retrouvant sur les plages et dans l’eau risquent de blesser les orpailleurs et même des animaux morts occasionnant un risque bactériologique.  Beaucoup de villages des hautes vallées n’ont pas de stations d’épuration. Et beaucoup de constructions de ces vallées, plus ou moins déclarées,  n’ont pas de fosses septiques, uniquement un rejet simplifié des eaux usées dans la terre. Le Salat étant classé comme ayant un taux dangereux de pollution bactériologique.
Les gels hydroalcooliques sont conseillés de tout temps même hors période d’épidémie !

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